Dans le cycle VINCIANE DESPRET INVITE…
Rencontre avec Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre pour revenir sur la genèse de leur création « Meat me in Paradise », en représentation le lendemain.
Au fil des années, la philosophe inspire de sa pensée nombre de créateurs qui la sollicitent pour élaborer avec elle des projets, des textes, des films. Et aux Estivales du Haut-Calavon nous les rassemblons.
Après les architectes Bento en 2023, le cinéaste Sylvère Petit en 2024 et 2025, l’autrice Laure Limongi en 2026 et cette année aussi : place au théâtre !
Autour de sa question centrale, celle des relations que tissent humains et non-humains, Vinciane nous revient en 2026 avec la Compagnie suisse MASSIMO FURLAN qui s’en est emparée à travers un paradoxe historique : Pourquoi n’y a-t-il pas d’animaux au Paradis ?
Massimo Furlan est connu pour sa capacité à saisir de parts de mémoire commune, d’images populaires et des gestes ordinaires (et célèbre pour sa performance où il rejoue seul, sans ballon, la demi-finale France-Allemagne de la coupe du monde de 1982).
Il crée un théâtre où le passé devient une expérience à partager. Son originalité est de transformer des souvenirs collectifs en présences scéniques, entre performance, enquête et émotion.
À l’arrivée de la dramaturge CLAIRE DE RIBAUPIERRE, leur travail commun évolue vers la construction d’espaces de recherche où la pensée, les récits et les rencontres deviennent la matière même du spectacle.
L’apport de VINCIANE DESPRET dans leur écriture en a déplacé encore le regard : le vivant, les animaux et les relations entre les êtres deviennent des partenaires de réflexion. L’écriture se fait alors au long cours, par accumulation d’enquêtes et de conversations.
Et plus particulièrement dans le spectacle MEAT ME IN PARADISE, le médiéviste PIERRE-OLIVIER DITTMAR apporte une dimension historique : il questionne nos imaginaires du paradis et la place que nous accordons aux autres vivants.
Ensemble, ils cherchent moins à représenter un monde qu’à imaginer ceux qui pourraient encore advenir, à créer UNE SUITE DES MONDES.
Venez découvrir leur processus de création le 27.07, venez assister à leur spectacle le 28.07 et venez échanger avec les intervenants à l’occasion de MEAT ME IN PARADISE.
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Massimo Furlan travaille souvent à partir de ses souvenirs d’enfance : il part de son histoire personnelle – enfant d’origine italienne né en Suisse au milieu des années 60 –, pour toucher à la mémoire collective, à celle de toute une génération, en mettant en place des propositions scéniques et visuelles qui mêlent burlesque et philosophie, poétique et esthétique populaire. Il revient sur des modèles, des rêves, des anecdotes vécues dans son enfance et son adolescence, qui l’ont particulièrement marqué et dont l’intensité provoque aujourd’hui encore la surprise, ainsi qu’une certaine jubilation. Il s’engage dans le champ de la performance, comme lorsqu’il rejoue seul et sans ballon des parties mythiques de l’histoire du football dans des stades, ou lorsqu’il incarne tous les concurrents de l’édition 1973 du concours Eurovision de la chanson. Dans ses projets scéniques il invite sur scène danseurs et autres interprètes pour réaliser ce qu’il nomme les images longues, plans séquences proches du cinéma et de l’installation. Avec Claire de Ribaupierre, il invente également des protocoles et des dispositifs de paroles singuliers, dans le cadre de projets in situ comme Madre, Blue Tired Heroes ou Les Héros de la pensée.
Avec Claire de Ribaupierre, dramaturge et interprète, il et elle créent les spectacles Un jour en 2014, Hospitalités en 2017, Les Italiens en 2018 (repris en 2024), Dans la forêt en 2020, Avec l'animal et Radio Jam en 2022, Le lasagne della Nonna en 2024, et Meat me in Paradise en 2026.
Pierre-Olivier Dittmar est historien, maître de conférences à l’EHESS) où il occupe la chaire d’histoire et d’anthropologie du Vivant (XII-XVIe siècles). Ses travaux portent sur les interfaces avec les non-humains au cours d’un long Moyen Age. Il a notamment co-dirigé avec Vanessa Manceron, Animal Culte dédié aux nouvelles ritualités animales (Terrain, 2025) et écrit L’invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale, (Gallimard, 2026).
Après une licence en philosophie, Vinciane Despret entreprend des études de psychologie. Elle découvre l’éthologie et se passionne pour ces nouvelles recherches. Elle s'oriente alors vers la philosophie des sciences et se propose de suivre les scientifiques sur leurs terrains, dans leur pratique. Après une thèse sur les émotions chez les humains et les animaux, elle poursuit une carrière de chercheuse et d’enseignante à l’Université de Liège. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages sur la question animale et sur la relation entre les vivant·e·s et les mort·e·s. Le fil rouge qui conduit ses enquêtes est la question des bons dispositifs de recherches: comment arrive-t-on (ou non) à rendre les êtres intéressants ? Comment une recherche enrichit-elle la situation qu’elle tente de décrire ? En Suisse, elle a participé à deux projets de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre : Après la fin, le congrès lors de la nuit Slow Life en 2016 et en écrivant les paroles de la chanson belge wallone pour le Concours européen de la chanson philosophique (2019). Elle a aussi participé a plusieurs rencontres et donné des conférences, et a assuré l'édition 20/21 du Théâtre des futurs possibles, un cycle de rencontres et d’expérimentation collective intitulé à l'occasion Enquêter avec d'autres êtres. En 2026 elle revient avec la nouvelle création de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre, Meat me in Paradise.