Dans le cycle de la philosophe Vinciane Despret : « Peuples des Mers, des Terres et des Cieux ».
Les Estivales accueillent la philosophe Vinciane Despret, l’historien médiéviste Pierre-Olivier Dittmar, la dramaturge Claire de Ribaupierre et le metteur en scène Massimo Furlan pour explorer le Paradis.
En Occident, le Paradis de la fin des temps, au contraire du Jardin d’Eden des origines, rassemble humain·e·s et anges, mais n’abrite traditionnellement ni plantes, ni arbres, ni animaux… pas loin des effets actuels du capitalisme finalement ! Est-ce vraiment ce que nous espérons ? Les cultures, les sciences, les fables, les rêves des poissons et des chiens (et ce qu’il faut d’humour) pourraient peut-être permettre d’imaginer des futurs plus désirables ?
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Massimo Furlan travaille souvent à partir de ses souvenirs d’enfance : il part de son histoire personnelle – enfant d’origine italienne né en Suisse au milieu des années 60 –, pour toucher à la mémoire collective, à celle de toute une génération, en mettant en place des propositions scéniques et visuelles qui mêlent burlesque et philosophie, poétique et esthétique populaire. Il revient sur des modèles, des rêves, des anecdotes vécues dans son enfance et son adolescence, qui l’ont particulièrement marqué et dont l’intensité provoque aujourd’hui encore la surprise, ainsi qu’une certaine jubilation. Il s’engage dans le champ de la performance, comme lorsqu’il rejoue seul et sans ballon des parties mythiques de l’histoire du football dans des stades, ou lorsqu’il incarne tous les concurrents de l’édition 1973 du concours Eurovision de la chanson. Dans ses projets scéniques il invite sur scène danseurs et autres interprètes pour réaliser ce qu’il nomme les images longues, plans séquences proches du cinéma et de l’installation. Avec Claire de Ribaupierre, il invente également des protocoles et des dispositifs de paroles singuliers, dans le cadre de projets in situ comme Madre, Blue Tired Heroes ou Les Héros de la pensée.
Avec Claire de Ribaupierre, dramaturge et interprète, il et elle créent les spectacles Un jour en 2014, Hospitalités en 2017, Les Italiens en 2018 (repris en 2024), Dans la forêt en 2020, Avec l'animal et Radio Jam en 2022, Le lasagne della Nonna en 2024, et Meat me in Paradise en 2026.
Pierre-Olivier Dittmar est historien, maître de conférences à l’EHESS) où il occupe la chaire d’histoire et d’anthropologie du Vivant (XII-XVIe siècles). Ses travaux portent sur les interfaces avec les non-humains au cours d’un long Moyen Age. Il a notamment co-dirigé avec Vanessa Manceron, Animal Culte dédié aux nouvelles ritualités animales (Terrain, 2025) et écrit L’invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale, (Gallimard, 2026).
Après une licence en philosophie, Vinciane Despret entreprend des études de psychologie. Elle découvre l’éthologie et se passionne pour ces nouvelles recherches. Elle s'oriente alors vers la philosophie des sciences et se propose de suivre les scientifiques sur leurs terrains, dans leur pratique. Après une thèse sur les émotions chez les humains et les animaux, elle poursuit une carrière de chercheuse et d’enseignante à l’Université de Liège. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages sur la question animale et sur la relation entre les vivant·e·s et les mort·e·s. Le fil rouge qui conduit ses enquêtes est la question des bons dispositifs de recherches: comment arrive-t-on (ou non) à rendre les êtres intéressants ? Comment une recherche enrichit-elle la situation qu’elle tente de décrire ? En Suisse, elle a participé à deux projets de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre : Après la fin, le congrès lors de la nuit Slow Life en 2016 et en écrivant les paroles de la chanson belge wallone pour le Concours européen de la chanson philosophique (2019). Elle a aussi participé a plusieurs rencontres et donné des conférences, et a assuré l'édition 20/21 du Théâtre des futurs possibles, un cycle de rencontres et d’expérimentation collective intitulé à l'occasion Enquêter avec d'autres êtres. En 2026 elle revient avec la nouvelle création de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre, Meat me in Paradise.